L'alphabet russe

Le cyrillique est principalement utilisé pour écrire le russe (alphabet russe) et plusieurs langues slaves (en fait, les langues slaves de peuples orthodoxes, les catholiques ayant préféré l'alphabet latin) :

  • biélorusse ;
  • bulgare ;
  • macédonien (voir l'article Alphabet macédonien) ;
  • ruthène (langue éteinte) ;
  • serbe voir l'article Alphabet cyrillique serbe (les Serbes utilisent aussi l'Alphabet latin serbe) ;
  • ukrainien (voir l'article Alphabet ukrainien) ;
  • vieux slave

Il sert également à écrire de nombreuses langues non slaves et non indo-européennes parlées sur le territoire de la Russie, comme l'oudmourte, le khanty, le nénètse ou l'ossète, ainsi que le mongol ou même le doungane, un dialecte du mandarin. Pour ces langues, il est souvent complété par des signes diacritiques ou des caractères spéciaux, destinés à noter des phonèmes qui n'existent pas en russe. On peut consulter à ce propos l'article Diacritiques de l'alphabet cyrillique.

Dans cet article, ne seront traités que les aspects de l'alphabet cyrillique servant à écrire le russe. En effet, dans les autres langues l'utilisant, les lettres peuvent avoir une tout autre valeur. Par exemple, en bulgare ъ (dit ер голям (èr goliam)) se prononce comme le ă roumain et le щ se prononce cht.

Origine

Bible présentée dans l'église de Kumanovo (Bulgarie)
Bible présentée dans l'église de Kumanovo (Bulgarie)

Le fait que Constantin Cyrille, dit Le Philosophe, ait créé l'alphabet et les premières traductions en slavon est incontestable. Mais une des questions les plus intéressantes, restée sans réponse univoque encore actuellement, porte sur la création au cours d'une période relativement brève de deux alphabets slaves, à savoir l'alphabet cyrillique et l'alphabet glagolitique. Les avis ne s'accordent pas tous pour affirmer lequel des deux a été créé par Constantin Cyrille.

Selon l’hypothèse la plus répandue sur la création des deux alphabets, le cyrillique ferait son apparition, chronologiquement, après le glagolitique. D'un point de vue acoustique et graphique, le cyrillique est basé sur l'onciale grecque. Ce serait le Bulgare Clément d'Okhrid, un des disciples de Constantin Cyrille, qui l'aurait créé, lui donnant le nom de son professeur, en signe de respect. La plupart des scientifiques attribuent l'alphabet glagolitique à Constantin Cyrille. Il correspond à la composition phonétique de la langue bulgare et possède une graphie originale; certains chercheurs indiquent que le dessin des lettres suit les règles de la section dorée (les rapports du petit et du grand côté à l'ensemble sont identiques). Si, entre l'alphabet glagolitique et l'alphabet cyrillique, il existe une certaine continuité, ils n'en comportent pas moins des différences significatives. L'alphabet cyrillique remplaça rapidement l'alphabet glagolitique, d'abord en Bulgarie orientale, et notamment dans la capitale de l'époque, Preslav. À l’école d'Ohrid (Bulgarie occidentale, actuellement en Macédoine) l'alphabet glagolitique fut plus largement répandu, et employé plus longtemps. Il existe quelques monastères au bord de la Mer Adriatique, en Croatie, où le glagolitique a été utilisé en cryptographie jusqu'au XIXe siècle.

Selon la deuxième hypothèse, Constantin Cyrille serait l'auteur des deux alphabets, ce qui signifierait qu'il aurait traduit les principaux livres liturgiques deux fois. En 855, il aurait créé l'alphabet cyrillique dérivé de l'écriture grecque en l'adaptant au langage slave, pour traduire ensuite les livres liturgiques pour les besoins des slaves bulgares de la région du fleuve de Brégalnitsa (Macédoine du nord-ouest). Plus tard, en 862-863, il aurait créé l'alphabet glagolitique, recopiant les livres déjà traduits afin de donner à sa mission en Grande-Moravie une expression chrétienne universelle. De nos jours l'alphabet cyrillique est employé non seulement par les Bulgares, mais également par les Serbes, les Monténégrins, les Russes, les Biélorusses aussi bien que par beaucoup d'autres peuples non-slaves de l'ex-URSS, ainsi que par les Mongols: environ deux-cents millions de personnes en tout. L'œuvre de Cyrille et Méthode a été continuée par leurs disciples Clément, Naoum, Anguélarii, Gorazd et Sava qui, à leur arrivée en Bulgarie, ont reçu le soutien du roi bulgare Boris Ier. Chacun des cinq étudiants a sa propre fête religieuse, mais de plus, le 27 juillet on célèbre les deux Saints, Cyrille et Méthode, et leurs cinq élèves, ensemble. La fête est appelée "Sveti Sedmotchislenitzi" (Les Sept Saints). Les Saints Cyrille et Méthode ont été proclamés co-patrons de l'Europe en décembre 1980.

Les ecclésiastiques vivant surtout dans la région de l'Adriatique du nord ont continué à utiliser l'écriture glagolitique jusqu'à la fin du XVIIe siècle, après quoi elle n'a été maintenue que dans la liturgie; et le dernier document en glagolitique date de la fin du XIXe siècle.

L'alphabet cyrillique doit, plus ou moins directement, plusieurs de ses caractéristiques innovantes par rapport au modèle grec, voire certaines de ses lettres, au glagolitique.

Dans la religion orthodoxe, le 24 mai, jour de l’alphabet slave et des Saints-Frères Cyrille et Méthode, est une fête qui n'a que peu d'analogues: jour de l'écriture, de l'éducation et de la culture. C'est la fête de l'éveil spirituel, de l'aspiration au perfectionnement à travers la science et la culture. Les lettres créées par Cyrille et Méthode, leurs traductions des livres liturgiques en slavon, la défense du droit de chaque peuple à glorifier Dieu dans sa propre langue, ont une importance historique qui dépasse la formation et la prospérité de la nation bulgare. Leur œuvre est humanitaire et démocratique, commune à tous les Slaves et au service de la grande idée humaine d'égalité de tous dans le domaine spirituel.

Lettres

L'alphabet cyrillique utilisé pour le russe compte trente-trois lettres depuis 1917. Avant cette date, l'alphabet dit « prérévolutionnaire » en comprenait quatre de plus. Celles-ci sont repérées dans le tableau par un fond coloré.

Cette écriture étant bicamérale, il existe deux variantes pour chaque lettre, capitale et minuscule. Le tableau suivant détaille l'alphabet actuel ; il se lit comme suit:

  • Capitales et minuscules ;
  • nom de la lettre telle que prononcée lorsque on l'épelle ; on a adopté ici une transcription et non une translittération afin de rendre explicite le nom en question ;
  • translittération: le premier signe indiqué suit la norme ISO 9 de 1995 ; les suivants, si les usages divergent, proviennent d'autres systèmes fréquemment utilisés ;
  • prononciation phonétique selon l'API ;
  • prononciation imagée, orthographiée selon les usages français.


CapitaleMinusculeNomTranslittérationPrononciation
(API)
Prononciation
(français)
А а a a [a] a
Б б be b [b] b
В в ve v [v] v
Г г ge g [g] g dur
Д д de d [d] d
Е е je [ʲe]
Ё ё jo io [ʲo] io
Ж ж že j [ʒ] j
З з ze z [z] z
И и i i [i] i
Й й i kratkoié
и краткое
ï [j] ï
І і i s totchkoié
и с точкой
ì [i] i
К к ka k [k] k
Л л el l [l] l
М м em m [m] m
Н н en n [n] n
О о o o [o] o
П п pe p [p] p
Р р er r [ɾ] r roulé
С с es s [s] s dur
Т т te t [t] t
У у ou ou [u] ou
Ф ф ef f [f] f
Х х kha kh [x] ch allemand dans Achtung !
Ц ц tse ts [ts] ts
Ч ч če tch [ʧ] tch
Ш ш ša ch [ʃ] ch
Щ щ šča chtch [ʃʧ] chtch
Ъ ъ tvjordyj znak
твёрдый знак
, - [palat.] muet
Ы ы y
(jery, еры)
y [ɨ] i tendu
Ь ь miagkiï znak
мягкий знак
’, ' + [palat.] y
Ѣ ѣ yat’
ять
ě [ʲɛ]
Э э è oborotnoje
э оборотное
è [ɛ] è
Ю ю ju you [ʲu] iou
Я я ja ia [ʲa] ia
Ѳ ѳ f̀ita
Ѳита
[f] ~ [fʲ]
Ѵ ѵ ižica
ижица
[i] i
 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site